Journal Horoya

Sadou Keita, gouverneur de la région de Labé: « Le FAR, une valeur énorme en matière de promotion de la culture »

Le gouverneur de la région de Labé, Sadou Kéita, a invité les Guinéens, du petit au grand, à soutenir les comédiens de notre pays parce qu’ils jouent un rôle primordial dans la paix sociale. Il a mis un accent particulier sur l’importance de l’humour dans l’éducation et dans la lutte contre les morts subites. Lisez son entretien

Horoya: Vous avez lancé le festival des Arts et du Rire de Labé, votre région administrative. Qu’est-ce que le choix de Labé représente pour vous?

Sadou Kéita: c’est une valeur énorme en matière de promotion de la culture dans la région. C’est un plaisir à plus d’un titre qu’on dise que le premier Festival de Rire se tient à Labé. Je suis certain que ce festival aura un impact sur la mentalité des habitants de Labé. Cet impact qui va tendre à éteindre les velléités, et résoudre le tissu social.

L’humoriste ivoirien, Adma Dahico, participe à ce Festival. Que vous représente sa présence à Labé?

Nous avons approuvé d’abord que l’on organise un FAR mais que l’un des plus grands comédiens du continent vienne pour animer ce festival, cela va fouetter la conscience de nous autres et d’autres à soutenir les comédiens et le rire. Parce qu’on estime que le rire, c’est banal.

Or, l’humour, la comédie, le rire, non seulement libère l’esprit mais ensuite cela l’ouvre et mieux évite [les crises cardiaques, parfois]. Il y a trop de stress dans ce pays, (Guinée, ndlr), c’est parce qu’il n’y a pas de rires. Vous entendez seulement que tel est mort brutalement parce que tout simplement il lui a manqué quelque chose.

Et on oublie que le rire est un élément de culture qui peut assurer la promotion de la culture entière mais aussi le rire peut permettre d’éduquer, de sensibiliser et de dénoncer même les tares d’une société. Quand vous prenez Sarah (griot) à Kankan, invité par le feu Président Ahmed Sékou Touré, pourtant qui le connaissait, ce n’est pas n’importe qui s’essayait à ses côtés, préfets ou ministres que vous étiez, pour lui dire qu’il y a crise de sucre à Kankan, mais Sarah l’a dit et a réglé le problème sans parler.

On lui (Sékou Touré) met cinq morceaux de sucres dans une tasse à café, avant qu’on ne l’apporte la bouteille de thermos, il (Sarah, ndlr) avait enlevé les cinq morceaux de sucre, mais le Président Sékou Touré l’observait. Il lui a demandé qu’est-ce que tu es en train de faire, non Président, ça c’est de la semence à Kankan, réplique-t-il. Cela voulait dire tout. Et le lendemain, ce sont les camions qui avaient commencé à défiler.

L’humour n’est pas du n’importe quoi et ce n’est pas n’importe qui peut faire de l’humour. C’est quelqu’un qui en a la formation qui en a l’esprit, qui en a la vocation. Donc, nous nous pensons que c’est une activité qu’il faille soutenir parce qu’en cette phase de développement social et politique de notre pays, il faut ressouder le tissu social, il faut des nouvelles orientations. Parce que quand la politique est assise sur l’ethnie, forcément nous allons au Biafra. Il faut ressouder rapidement et éliminer toutes ces tares politiques qui tendent à déchirer entièrement ce pays-là.

Ensuite, il faut sensibiliser car la sensibilisation est une donnée essentielle dans la réconciliation et même dans le maintien de la paix. C’est évident quand vous n’allez pas, vous n’avez pas d’arguments, le moyen de sensibiliser, vous échouez et créez les velléités. Or, le rire justement, l’humour, sont des arguments. Dahico est un humoriste plein d’imagination.

L’un des thèmes de ce FAR porte sur la formation, la sensibilisation et l’éducation des conducteurs des taxi-motos. On sait que vous avez des préoccupations par rapport à ce phénomène. Dites-nous en un mot?

Ici, nous n’avons pas les agents nécessaires pour veiller sur cette circulation routière. Les effectifs sont faibles. C’est pourquoi, l’éducation va s’adresser à tous les conducteurs des engins. Labé est plein d’accidents de rien de tout, c’est-à-dire des accidents qui ne devaient pas se produire. Il suffit de très peu d’éducation et de discipline et de très peu d’attention pour qu’on évite tous les accidents à Labé. Ce n’est pas une ville très compliquée.

Donc, le message qui va être véhiculé pendant ce festival nous intéresse à plus d’un titre sauf erreur de ma part parce qu’il va nous permettre à lutter contre l’anarchie dans la circulation routière et par finishh, on aura une ville civilisée.

Entretien réalisé à Labé par Amadou Kendessa Diallo

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