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Insertion socioprofessionnelle: l’ASCAD bénéficie d’un sous-projet de la Banque Mondiale via le BOCEJ

L’Agence du service civique pour le Développement (ASCAD) a obtenu une subvention de  quatre cent (400) mille dollars US, à travers le Fonds compétitif du projet « Booster les compétences pour l’employabilité des jeunes (BOCEJ) ». Ce montant doit servir à financer le sous-projet intitulé « Projet d’appui à l’insertion socioprofessionnelle des jeunes déscolarisés et/ou diplômés sans-emploi« .

La cérémonie de lancement du projet s’est déroulé le vendredi 24 novembre 2017 au siège de l’ASCAD dans l’enceinte du Camp Alpha Yaya Diallo en présence de plusieurs personnalités civiles et militaires. Ce sous-projet obtenu par l’ASCAD a une durée de trente-six mois et compte former mille jeunes dans des secteurs différents.

Le directeur général adjoint de l’ASCAD, Amadou Keita a, au nom de son directeur général, Amadou Doumbouya,  souhaité la bienvenue à l’assistance. « Cette cérémonie qui nous réunit ce matin (vendredi 24 novembre), est une occasion de lancement du sous-projet financé par la Banque Mondiale à travers le projet Bocej auquel l’ASCAD a été lauréate dans le cadre de la formation professionnelle pour les trois prochaines années« , a-t-il souligné.

Selon M. Kéita, actuellement, l’ASCAD a recruté près de 300 jeunes dont la majorité ont choisi les BPT notamment la plomberie sanitaire, la menuiserie Alu, la maçonnerie, le carrelage, la peinture et la métallerie. En ce qui concerne la gestion des fonds alloués à son institution, il a rassuré le donateur d’une gestion efficace et  efficiente avant de remercier l’ensemble des partenaires techniques et financiers tout en saluant la politique d’ouverture du Président Alpha Condé. Pour lui, ce sous-projet est une réussite et une lueur d’espoir pour la jeunesse guinéenne.

Ensuite, Amadou Keita dira que l’ASCAD est une institution de formation professionnelle spécifique par rapport aux autres structures de formation classique. « Nous recrutons des jeunes diplômés, scolarisés et non scolarisés à qui nous donnons une formation citoyenne, professionnelle. Nous les accompagnons à l’insertion socioprofessionnelle. Dans ce processus, nous bénéficions de la subvention de l’Etat qui ne nous permet pas de couvrir tous nos besoins. Ainsi, nous sommes partis à la recherche des partenaires techniques et financiers qui ont des disponibilités financières dans ce cadre pour nous appuyer. Le recrutement à l’ASCAD se fait à base de volontariat suivi d’une visite d’aptitude physique, et la fourniture de 4 photos d’identité, une attestation de niveau ou diplôme, et un certificat de résidence« , a-t-il précisé. Enfin, il s’est réjoui que le taux d’insertion socioprofessionnelle de l’ASACAD soit de 72%.

Alpha Oumar CONDE, le coordinateur du sous-projet obtenu par ASCAD

Par ailleurs, le coordinateur du « projet d’appui à l’insertion socioprofessionnelle des jeunes  déscolarisés et / ou diplômés sans-emploi » a indiqué ce « projet est l’aboutissement d’un partenariat dynamique avec  la Banque Mondiale« . Selon Alpha Oumar Condé, le projet a pour objectif de former et d’accompagner à l’insertion socioprofessionnelle 1000 déscolarisés et/ou diplômés sans emplois. M. Condé dira que ce projet vise spécifiquement à « renforcer les capacités de 15 formateurs et chefs d’ateliers, à former 20 cadres de l’ASCAD et du Consortium en management et en gestion axée sur les résultats, à mettre en place un cadre de concertation public-privé, et organiser un voyage d’études afin de favoriser des échanges d’expérience« .

Dans son intervention, il ajoute que « ce projet est un financement de la BM à travers BoCEJ, compte quatre composantes dont entre autres le recrutement  d’un expert en élaboration des programmes de formation et en ingénierie de formation, l’acquisition des biens et services qui contribueront à l’amélioration des capacités  d’action de l’institution,  de la rénovation des salles de cours, du renforcement  des équipements des ateliers de la plomberie et de l’électricité ». Pour lui, « la réalisation effective de ces composantes stratégiques du projet, favoriserait, sans nul doute, la promotion d’une main d’œuvre locale compétitive« .

Ainsi, le chef de division générale et de l’inspection de l’ASCAD et coordinateur du sous-projet d’appui à l’insertion socioprofessionnelle des jeunes dira que son institution exige « l’Approche par compétence (APC); c’est-à-dire, nous allons évoluer en fonction des besoins de l’entreprise » avant d’ajouter que « l’insertion des jeunes se fera à travers le réseau que nous avons au niveau de l’ASCAD en collaboration avec le secteur privé« .

Pour sa part, gestionnaire du projet Bocej présent à cette cérémonie de lancement, Thierno Illiassa Baldé, a rappelé ce projet a été mis en oeuvre depuis 2015. « Ici, c’est l’aboutissement de la cinquième composante du projet qui permettra aux établissements de formation de former des jeunes en adéquation avec les besoins du secteur privé. Au total, on envisage 25 sous-projets à hauteur de 400 000 USD par sous-projet« , a-t-il expliqué.

Thierno Illiassa BALDE, du BOCEJ

Selon M. Baldé, le Projet BoCEJ «  17 sous-projets ont été sélectionnés dans le cadre la première composante qui est le Fonds compétitif. Déjà, il y en a six qui sont déjà financés. Cinq sont soumis à la Non Objection de la Banque Mondiale. Les autres sont en cours de qualification. Aujourd’hui, nous sommes là dans le cadre du lancement du sous-projet de l’ASCAD qui a bien travaillé et qui a été le premier consortium à réaliser son projet. L’objectif est de renforcer les capacités des jeunes pour leur insertion socioprofessionnelle. Les filières concernées, ce sont les filières techniques. Dans le consortium, nous avons des entreprises privées qui définissent ce dont elles ont besoin.. Parmi les métiers et les compétences qu’ils souhaitent faire, ce sont les métiers de BTP, d’électricité, de plomberie… Ce sont des métiers qui sont très demandés en Guinée. Or, actuellement nous sommes obligés d’importer de la main d’œuvre« .

« Pour pallier cette problématique, l’ASCAD et les membres du Consortium, qui sont Guicopress, Guiter, etc ont mis en place des filières et le gouvernement à travers le projet finance ces filières« , poursuit-t-il.

De son côté, le représentant du Patronat guinéen, Habib Attia, président de la confédération nationale des employeurs de Guinée, a indiqué que le « lancement de ce projet est un soulagement » pour le secteur privé. Car, justifie-t-il, la Guinée a « un déficit de main d’oeuvre qualifiée« . Le secteur privé est souvent « obligé d’aller à l’extérieur à Dakar, à Abidjan pour chercher des ouvriers, des compétences. Si maintenant, nous les avons ici, qu’est-ce que nous voulons de plus? C’est un bonheur« , s’est-il réjoui. « Nous espérons que cette expérience va se multiplier pour qu’on puisse avoir suffisamment de cadres tant dans le BTP que dans les autres filiales du BTP« , conclut-il.

Enfin, il est à noter que le Projet BoCEJ est une initiative du Gouvernement guinéen avec l’appui financier de la Banque Mondiale à hauteur de 20 millions de dollars US. Le Projet, à travers ses trois composantes, vise à améliorer l’employabilité des jeunes et la gouvernance des ministères en charge de la jeunesse, de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur.

Amadou Kendessa Diallo

 

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