Journal Horoya

Guinée: le ministère de la Communication célèbre la journée internationale de la presse

A l’instar des autres pays du monde, la Guinée a célébré, ce 03 mai 2017, la fête internationale de la presse.  A cette occasion, le ministère de la Communication a organisé une cérémonie à la Blue zone de Kaloum à laquelle ont participé plusieurs membres du gouvernement et d’autres personnalités du monde la presse. Cette année, le thème de cette journée est: « Liberté et responsabilité du journaliste dans l’environnement numérique« .  Plusieurs discours ont ponctué cette rencontre des hommes de la presse.

Il est revenu tout d’abord au ministre de la Communication de tenir son discours de circonstance. Dans son speech, Rachid N’Diaye a salué les initiateurs de cette fête pour célébrer la presse, un des piliers de l’Etat de droit et de la démocratie. A cet effet, il s’est  réjoui qu’en Guinée, la liberté de la presse se porte bien depuis l’accession du Pr Alpha Condé au pouvoir en 2010.

Cependant, indique Rachid N’Diaye, « l’ère numérique est sujette à de nombreuses interrogations car la culture de l’immédiateté et de traitement n’offre pas de garantie à la protection de la vie privée ». M. N’Diaye dira que « la logique de rentabilité économique des médias pèse sur le respect de l’éthique et de la déontologie« . Or, précise-t-il, « l’évolution du numérique est universelle« .

De son côté, le ministre de la Justice a lancé des diatribes  à l’encontre de certains journalistes « alimentaires » qui font fi à l’éthique et de la loi. « Un journaliste digne de nom écrit ce qui est vrai et vérifié et évite des anathèmes« , rappelle Cheick Sacko. Le ministre ajoute que « toute liberté  absolue sans limite, c’est la dictature« . C’est pourquoi, explique M. Sacko, « la situation d’injures et de diffamations avérées, d’incitation à la haine et à la division avérée sont punies par le code pénal. Pour cela, il s’applique à tout le monde, il n’y a pas de personnes protégées si la violation est avérée« . Evoquant le cas guinéen, le ministre de la Justice parle d’une nécessité de formation de certains journalistes. M. Sacko a rappelé aussi l’assassinat de Mohamed Koula Diallo. Pour lui, « toucher à un journaliste, c’est commencer à démanteler l’Etat de droit« . Et d’ajouter que « tous ceux qui sont impliqués dans cet assassinat seront jugés par le tribunal pénal de Dixinn ».

En ce qui concerne l’enlèvement de Chérif Diallo, le ministre Cheick Sacko a reconnu que pour ce cas précis, la procédure est longue mais un jour la vérité va jaillir. Pour terminer, il a déclaré que « si la presse est responsable, consciencieuse, indépendante, elle fait avancer l’Etat de droit« .

Le ministre de l’Unité nationale a appelé le gouvernement et l’opposition à laisser les autres dire ce qui ne va pas et qui est contraire à leur opinion. « Il faut que la jouissance des libertés soit bénéfique à l’unité nationale. Critiquer le gouvernement et l’opposition est un exercice démocratique« , conclut Khalifa Gassama Diaby.

Le porte-parole du gouvernement pense, pour sa part, que « la presse doit nourrir la démocratie au lieu d’enfoncer le pays dans la division« .

La présidente de la Haute Autorité de la Communication (HAC) a rappelé que « la célébration du 3 mai est une occasion de jeter un regard sur l’état de santé de la liberté de la presse, sur la situation des médias et des journalistes partout dans le monde« . Pour Martine Condé, le thème de cette année est « d’une importance capitale tant il est vrai que dans le traitement de l’information, les journalistes ne font pas toujours preuve de discernement. Très souvent la recherche de scoop l’emporte sur toute autre considération« .

Amadou Kendessa Diallo  pour le journal Horoya

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